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16 octobre 2010

Les défis économiques qui attendent l’Europe – (2/2) Solutions

Risque pour l’Europe : devenir un désert industriel
Si les « économistes atterrés » souhaitent mieux réguler le monde financier responsable de la crise, les libéraux considèrent que l’ampleur de celle-ci n’aurait pas été si grande sans la connivence entre l’Etat et les plus puissants intérêts économiques.

Le principal objectif serait donc de rendre impossible l’utilisation de l’Etat pour défendre des intérêts personnels. Renforcer la régulation inciterait au contraire d’avantage les grandes puissances économiques à faire preuve d’un lobbying intense auprès des politiques.

Il faudrait donc laisser le marché se réguler lui-même (« la main invisible »), les banques faire faillite… et revenir à une monnaie de marché. C’est là tout le problème : dans le contexte actuel de guerre économique, la monnaie est un levier de croissance, et on est loin d’une fluctuation « non-influencée » par les Etats eux-mêmes (la Chine par exemple).

L’Europe, trop hétérogène (et aux intérêts divergents), reste donc totalement inerte face aux dangers de la mondialisation. Trois orientations majeures doivent être prises afin de relancer la croissance économique et pour éviter le déclin vers lequel notre continent sombre :

1. Europe fédérale avec solidarité monétaire et budgétaire
Cette solidarité monétaire et budgétaire permettra d’utiliser l’euro comme un instrument de compétitivité pour nos entreprises. Ceci relancera les exportations et la consommation intérieure sera moins favorable aux importations.

Explications sur le rôle de la monnaie :
Normalement, les monnaies fluctuent selon la demande. Si une monnaie exporte beaucoup, elle s’évaluera, ce qui permettra aux monnaies traditionnellement « importatrices » de se dévaluer, et ainsi gagner en compétitivité. Ceci favorisera les exportations de ces derniers. A long terme, les balances commerciales devraient donc se rééquilibrer.

La situation actuelle est totalement différente : les mécanismes de rééquilibrages des monnaies ne fonctionnent pas, puisque chaque pays contrôle sa monnaie artificiellement, et l’utilise comme un véritable levier de compétitivité (principalement la Chine, pointés du doigt par les US). Seule l’Europe, totalement désordonnée, laisse sa monnaie s’apprécier et perdre ainsi sa compétitivité. A long terme, cette « non-stratégie » sera responsable du désert industriel qui tend à s’installer sur notre continent (avec toutes les conséquences humaines que cela entend : pertes d’emplois, d’attractivité…)

La monnaie européenne s’apprécie car les taux de la BCE sont plus élevés que ceux des autres banques centrales. La BCE poursuit à tous prix sa stratégie de lutte contre l’inflation, alors que ces risques inflationnistes sont actuellement quasi-nuls.


La fiscalité européenne devra être harmonisée (pour éviter les effets d’aubaine), et l’accent devra être mis sur le caractère redistributif de la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches, augmentation des taux de l’impôt sur le revenu).

Comme le disent les économistes atterrés, « faire de l’harmonisation dans le progrès le fil directeur de la construction européenne ». L’Europe devra mettre en place des objectifs communs en matière de progrès social comme en matière macroéconomique.


2. Marché du travail fluide
L’harmonisation européenne passe également par celle du marché du travail : si les coûts de main d’œuvre sont différents d’un pays à un autre, les entreprises se délocalisent. Chaque pays rentre ainsi en compétition avec son voisin, au profit des entreprises et au détriment des emplois.


3. Stratégie commerciale et industrielle commune
Dans le contexte de guerre économique, la convergence des intérêts des pays européens devrait entraîner de nouvelles synergies, favorable à l’innovation, à la création de pôles de compétitivité, et donc à l’export. Ceci relancera le marché de l’emploi et la demande intérieure. Les européens doivent défendre leurs intérêts communs  grâce d’intenses actions de lobbying (comme le font déjà la Chine et les US).


« Tous ensemble avec l’euro ou chacun pour soi sans l’euro » :
Ces grandes réformes sont vitales pour l’Europe, mais elles ne se feront pas sans le courage politique de certains pays, précurseurs du mouvement. Malheureusement, si chaque pays continue d’agir en fonction de ces seuls intérêts, l’Euro ne sera plus un levier de croissance mais un outil de « désindustrialisation » (scénario le plus pessimiste). Il faudra alors réfléchir à son utilité ou non, pour des pays comme la France (le Royaume-Uni profite actuellement d’un regain de compétitivité grâce à la dévaluation de sa monnaie).

L’Europe peut encore décider de son avenir, il ne faut pas laisser passer cette chance ! Soyons fier du système social construit jusqu’à présent, et persévérons dans la création d’un espace de vie harmonieux !

5 octobre 2010

Les défis économiques qui attendent l’Europe – (1/2) Constat


Je profite du néant médiatique (dont fait part notre gouvernement) sur les défis économiques qui attendent l’Europe, pour réagir au « manifeste des économistes atterrés » : quatre économistes ont ainsi publié une tribune dans Le Monde, dans laquelle ils dressent un constat alarmant de la situation économique de l’Europe. En voici les principales idées, puis la vision (nettement) différente partagée par les libéraux :


Constat des sociaux-démocrates : la place prépondérante occupée par la finance ne permet pas un développement économique optimal au sein de l’union Européenne. 


1. Les marchés financiers sont inefficients : la concurrence financière ne produit pas forcément des prix justes, la hausse du prix pouvant entrainer la hausse de la demande (car rendement supérieur) jusqu’au krach. Les prix évoluent dans le sens de la création de bulles.

2. La finance n’est pas favorable à la croissance : elle détermine les normes de rentabilité exigées de capitaux, face au salaria et à la souveraineté politique. Ceci inhibe l’investissement et provoque une pression à la baisse sur les salaires et le pouvoir d’achat.


3. L’évaluation des marchés est éloignée des fondamentaux (spéculation), repose sur l’évaluation des revenus futurs (pari). De plus, l’évaluation des marchés n’est pas neutre et affecte la valeur de l’objet mesuré ! Pourquoi les laisser évaluer les Etats ?

4. La récession a fait exploser les dettes des Etats, qui n’ont pas bénéficié de rentrées fiscales suffisantes. En outre, la concurrence fiscale entre les pays de l’UE est favorable aux grands groupes.

5. Les Etats doivent continuer à investir pour ne pas plomber l’activité économique : les pays européens ont pour clients leurs voisins européens. Une réaction simultanée et massive des dépenses publiques aggraverait la récession.


6. La dette publique est un transfert de richesse des contribuables vers les rentiers : depuis quelques années, on observe des réductions d’impôts et de cotisations sociales… financées par les plus riches, sous forme d’emprunt d’Etat, que ceux-ci peuvent alors financer avec l’argent ainsi économisé !


7. La banque centrale européenne permet les attaques spéculatives contre les pays les plus vulnérables, en ne garantissant pas le refinancement des Etats.


8. L’Europe ne défend pas le modèle social européen : aucune politique conjoncturelle n’est mise en place. En outre, l’Europe ne se donne pas d’objectifs en termes de croissance et d’emploi. On ne s’intéresse ni aux taux d’inflation, ni aux déficits extérieurs des Etats


9. L’Euro n’est pas un bouclier contre la crise ! La politique économique de la zone euro impose des politiques macroéconomiques semblables pour des pays dans des situations différentes, ce qui creuse les disparités. De plus, chacun rentre en concurrence avec son voisin. Il manque un budget européen permettant une solidarité entre les Etats


10. La crise grecque n’a pas permis de faire avancer les choses : on a vu l’avancée vers un gouvernement économique européen. Au lieu de desserrer l’étau de la finance, il impose l’austérité et approfondit les réformes structurelles au détriment des solidarités sociales.

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Constat des libéraux : l’intervention de l’Etat a cassé la mécanique auto-correctrice du marché 

1. Les monopoles d’émissions confiés à des banques centrales dissout les barrières de de sécurité face aux bulles d’actifs financés par un recours excessif au crédit (car les taux, dans ce cas, ne montent pas comme ils le feraient sur un marché, si la demande est supérieure à l'offre)


2. La subvention fiscale des entreprises à fort effet de levier, particulièrement sensible dans le cas des entreprises financièresà l’Etat encourage la prise de risque des entreprises ; « subvention sournoise »

3. Ingérence directe des Etats dans la gestion des banques par le biais des réglementations de Bâle (min fond propres) ; donc toutes ont adoptées les mêmes rations de fonds propres, alors qu’un écosystème plus libre et fiscalement neutre aurait permis aux banques d’adopter des modèles capitalistiques de gestion du risque plus diversifiés, mieux à même d’éviter des défaillances systémiques

4. Distorsion du jugement des pairs par l’octroi d’un oligopole de fait aux agences de notation officielles :
- Barrière à l’entrée trop importante pour favoriser l’émergence de nouvelles agences
- Conflit d’intérêt : le client paye l’agence qui le note
- Les agences se trompent parfois (ex : subprimes)


5. Absence de gestion efficiente des faillites bancaires, remplacée par une culture délétère du sauvetage sur fonds publics (garanties de sauvetage, + des comptes des épargnants à des niveaux toujours plus hauts, ce qui est impossible à tenir). Ceci encourage la prise de risques à court terme pour les managers : l’Etat se veut le garant de la stabilité éco mais il en induit l’instabilité !

6. Un marché immobilier totalement distordu pas des lois organisant la rareté foncière : dans un environnement législatif garantissant l’abondance foncière, les propriétaires ne peuvent se montrer trop gourmands, ce qui réduit les bulles du secteur.

16 août 2010

Après la démocratie, Emmanuel Todd

L’historien Emmanuel Todd a publié en 2008 l’essai intitulé « Après la démocratie », analyse de la politique de Nicolas Sarkozy et des principales tendances de la société française. Cet ouvrage est particulièrement pertinent, avec le recul des 2 années qui ont suivi sa parution.

La première partie est consacrée à l’élection puis à la politique de N. Sarkozy. Emmanuel Todd nous y décrit le basculement en cours de notre société, dans un système post-démocratique où une oligarchie ne cherchant qu’à maximiser son profit manipule une passe de citoyens en voie de paupérisation, retraités, cadres et intellectuels compris.

- La situation réelle de la France

La France figure parmi les pays les mieux lotis de la planète (niveau de vie élevé, infrastructures et services publics de qualité, fécondité convenable, criminalité faible). Cette réalité est totalement différente du discours présidentiel, pour qui la France est en déclin, rongée par l’insécurité, que seule une libéralisation accrue pourra endiguer.

« Comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu devenir président de la République ? Fébrile, agressif, narcissique, admirateur des riches et de l'Amérique bushiste, incompétent en économie comme en diplomatie, cet homme nous avait pourtant révélé, ministre de l'Intérieur, qu'il était incapable d'exercer la fonction de chef de l'État : ses provocations avaient alors réussi à mettre le feu aux banlieues dans l'ensemble du pays».

«Infatigable, il a, en quelques mois, exaspéré nos partenaires européens et spécialement les Allemands par sa prétention, affaiblissant la France dans la Communauté. En menaçant l'Iran de bombardements préventifs, en expédiant des soldats français dans le golfe Persique et en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a mis en action, simultanément, ses tendances agressives et son incompétence diplomatique : transformer les soldats français en supplétifs de l'Amérique ne peut que ruiner la position de notre pays dans le monde».

«Un président hyperactif mais impuissant, pédalant vigoureusement sur une version politique du vélo d'appartement».

« Au fond, nous devrions être reconnaissants à Nicolas Sarkozy de son honnêteté et de son naturel, si bien adaptés à la vie politique de notre époque. Parce qu'il a réussi à se faire élire en incarnant et en flattant ce qu'il y a de pire autour de nous, en nous, il oblige à regarder la réalité en face. Notre société est en crise, menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence, d'une véritable régression culturelle».

«Ni au lycée ni à l'université, Nicolas Sarkozy ne fut un brillant sujet. Il a redoublé sa sixième, n'a obtenu aucune mention au baccalauréat et a achevé sans hâte les études de droit qui lui ont permis de devenir avocat... L'incohérence intellectuelle du président bling-bling, sa capacité à dire tout et son contraire, son mépris des bonnes manières, bref son manque d'éducation ont pu plaire aux citoyens qui se considèrent comme des laissés-pour-compte du système éducatif... »

- Éducation et démocratie :

Pour l’historien, deux facteurs sont à l’origine de la démocratie : l’alphabétisation de masse et la fracture ethnique.

Concernant l’alphabétisation de masse, le fait est avéré : on l’a observé dans toutes les démocraties émergentes. L’ethnicisation de la société est en revanche plus difficile à admettre : pourtant, Emmanuel Todd décrit avec brio les «bénéfices » de la désignation de boucs émissaires, d'Athènes (méthèques et esclaves) aux Etats-Unis (noirs). En France et en Angleterre, la colonisation de peuples étrangers (inférieurs) aurait joué ce rôle. Une fois installée, la démocratie n’a plus besoin de ce genre de « stimulant »… à moins qu’elle soit menacée, comme c’est le cas aujourd’hui !

- Le vide religieux

Emmanuel Todd remarque le vide religieux actuel qui déstructure notre société, après avoir entraîné la chute du parti communiste et des syndicats. «Tout se passe comme si le PCF et l'Église avaient constitué un couple, et que le stalinisme ne pouvait survivre à la disparition de son double négatif (...). Privé d'adversaire, il doute, fléchit et s'effondre,» écrit-il. «Alors commence la quête désespérée du sens qui, banalement, va se fixer sur la recherche de sensations extrêmes dans des domaines historiquement répertoriés : argent, sexualité, violence - tout ce que la religion contrôlait»

La religion désigne (étymologiquement) tout ce qui relie les hommes (foi chrétienne, militantisme politique…). Quand l’esprit religieux disparaît, et avec lui les réseaux de convivialité, les individus se retrouvent impuissants face au pouvoir ; solitude aggravée par l’absence de classes moyennes supérieures noyées dans le (trop grand) succès du système éducatif !

Autrefois, les études supérieures n’étaient réservées qu’à une élite. Aujourd’hui, 1/3 de la population adulte accède à une éducation supérieure. Il ne s’agit donc plus d’une élite, mais d’une masse. D’où le danger de «se renfermer sur lui-même, vivre en vase clos et développer, sans s’en rendre compte, une attitude de distance et de mépris vis-à-vis des masses, du peuple et du populisme qui naît en réaction à ce mépris», écrit-il.

La fin des religions et le fossé creusé entre les classes populaires et les « intellectuels » (1/3 de la population adulte) a mis fin au dialogue social, compromettant la démocratie. Ainsi, la classe supérieure (1% de la population) au pouvoir, en a profité pour imposer ses idées qui suivent un intérêt privé et immédiat, contraire à un intérêt collectif.

- Plaidoyer pour la préférence communautaire

Le libre-échange, mis en avant par nos dirigeants, ne profite pas à l’Europe globale. Emmanuel Todd avance ici sa thèse pour la « préférence communautaire ». Face au dumping monétaire pratiqué par la Chine, l’Europe devrait réagir pour sauvegarder ses emplois et son industrie. Le faible cours du yuan constitue une concurrence déloyale pour les entreprises européennes, tout en privant les ouvriers chinois d’une juste rémunération.

Si le système ne change pas, c’est que les dirigeants y trouvent leur intérêt (du moins à court terme) : les multinationales profitent d’une main d’œuvre & matière première à faibles coûts, qui leur permettent d’augmenter leurs marges. La délocalisation n’est pas une fatalité, mais un choix, dicté par un impératif de rentabilité. Que penser des conséquences à long terme qui entraîneront une société d’inégalités et de violence ?

- Les attaques contre la démocratie

Comme le rappelle Emmanuel Todd, il ne suffit pas de voter pour être en démocratie (cf Corée du Nord par exemple), mais plutôt d’avoir des contre-pouvoirs et institutions efficaces (partis d’opposition, justice, médias). La France « est plus proche de l’Algérie de Bouteflika que de l’Allemagne de Merkel ». Ceci fait le jeu des partisans du libre-échange et de l’ouverture des frontières.

Le libre-échangisme voulu par la strate supérieure (1% de la population - narcissique), n’a pour principal objectif que d’accroître ses gains, sans se préoccuper de la solidarité nationale ou européenne (pas de préférence communautaire, évasion fiscale).

- Mais alors, que faire ?

E. Todd se veut néanmoins rassurant en ce qui concerne la coupure entre les classes populaires et les classes moyennes éduquées : «Rien de définitif dans ce constat : l'appauvrissement en cours des jeunes éduqués supérieurs nous promet un revirement dans les décennies qui viennent». Les émeutes récentes en Grèce illustrent peut-être ce qui attend la France et le reste de l’Europe dans les années à venir.

Seulement, sans parvenir à mettre un terme au « libre-échangisme » et à la désindustrialisation de l’Europe, il est à craindre qu’elles n’entraînent, plus qu’un renouveau démocratique, une crispation autoritaire.

Pour résumer :
1) Monopolisation du pouvoir d’un seul homme :
- Déculturation des élites, qui ne fournissent plus de repères
- Frustration des 33% appartenant à la classe moyenne, victime de la crise, qui se renfermesur des critères identitaires
- Désespoir de la classe d’en bas, tant qu’elle a quelque chose à perdre

2) Évolution de la société française :
- Vide religieux + Islamophobie
- Stagnation éducative
- Polérisation de la société (oligarchie contre le reste)

3) Formes d’évolution politiques possibles :
- République ethnique
- Suppression du suffrage universel
- Protectionnisme européen

12 août 2010

Le social-business, avenir du capitalisme?

Muhammad Yunus est de ces visionnaires pour qui rien n'est impossible pour rendre le monde plus juste. Initiateur du concept de "microcrédit", il a récemment reçu le prix Nobel de la paix (avec son organisation, la Grameen bank). Dans son livre "vers un nouveau capitalisme", il nous propose une alternative (crédible) au système existant.

Sa thèse? Le capitalisme ne prendrait en compte q'une dimension de l'être humain, dont l'unique but serait la maximisation du profit. Lui pense au contraire que l'homme est multidimensionnel et que d'autres motivations plus sociales l'habitent.

Le "social-business" permettrait ainsi de répondre à ces attentes, en permettant l'entrepreneuriat social, dont le but premier serait la maximisation du "bien social" (et non pas la maximisation du profit). Deux formes de sociétés caractériseraient les "social-business" :

- soit les actionnaires qui investissent dans ces entreprises n'en retirent aucune plus-value financière, puisque les bénéfices sont entièrement réinvesti dans l'entreprise (ils peuvent néanmoins récupérer leur mise de départ au bout d'un certain temps)

- soit les entreprises sont détenues par leurs bénéficiaires (exemple : les usagers d'un pont qui payent pour l'utiliser), qui profitent ainsi de la bonne santé financière de l'entreprise

Dans tous les cas, un social-business doit se concentrer sur les bénéfices sociaux qu'il crée. Sa non-redevance de plus-value financière (envers les actionnaires) doit lui permettre de proposer des biens ou services à des prix les plus faibles possibles pour les utilisateurs (et bénéficiaires) finaux que sont les pauvres.

Ainsi, le social business permet d'établir un modèle de gouvernance adapté à une population démunie et dépourvue d'infrastructures publiques.
Les avantages d'un tel système sont multiples :

- il permet de lutter contre la pauvreté en encourageant l'entrepreneuriat, et non pas l'assistanat

- les philanthropes (contrairement aux ONG), peuvent récupérer leur investissement de départ, et le réinvestir dans un nouveau social-business. C'est un cercle vertueux infini !

- il motiverait les employés, qui seraient rémunérés au même niveau que leurs homologues du système actuel, mais qui pourraient également se gratifier de leur impact positif contre la pauvreté dans le monde

Le concept qu'il propose va très loin, puisqu'il souhaite à l'avenir la création d'une "bourse du social-business", de cabinets d'audits et d'agences de notation spécifiques.


Muhammad Yunus a déjà mis en pratique ce concept, au travers de plusieurs joint-ventures :

- Grameen-Danone : créée en 2006, l'entreprise détenue à 50% par la Grameen et à 50% par Danone, propose des Yaourts enrichis pour lutter contre la malnutrition infantile, à des prix défiants toute concurrence.

- Grameen-Veolia : l'objectif est d'apporter de l'eau potable à 100 000 bangladais d'ici à fin 2012. Selon les préceptes du social business « pas de pertes, pas de dividendes », cet investissement sera remboursé par les factures d'eau réglées par les habitants, ce qui permettra ensuite de lancer des projets analogues ailleurs.

- Grameen-Uniqlo : l'accord entre les 2 entreprise a été signé très récemment (Juin 2010), permettant à la co-entreprise de fournir les femmes pauvres du bengladesh en vêtements très bon marché. Les sites de production seront également au Bengladesh.



Je pense que le social-business a un réel potentiel devant lui. Cependant, la frontière doit être parfaitement prononcée, entre les entreprises dont l'unique but est de maximiser le profit et les social-business . L'exemple de Telenor (entreprise Norvégienne détenant 50% des parts de Grameen phone et refusant de les céder, comme le prévoyait l'accord initial) montre que l'étique peut très rapidement s'effacer face aux exigences de rentabilité.
Par ces actions, Muhammad Yunus apporte la preuve que le système capitaliste peut être complété (puis remplacé?) par un système viable, et dont l'impact est positif sur son environnement !

10 août 2010

Est-ce que Dieu existe?

La "une" du point de cette semaine m’a amené à m’interroger sur cette question : Dieu existe-t-il ? Vaste programme me direz-vous ! Après avoir lu le dossier du magazine, je vous propose une synthèse des idées émises par les scientifiques interrogés.

La majeure partie des scientifiques s’accorde pour dissocier science et religion.

Michel Morange par exemple écrit que la foi est de l’ordre de la conviction quand la science s’inscrit dans un processus rationnel. Pour Etienne Klein, les questions scientifiques ne sont pas métaphysiques. Le Darwinisme n’est aujourd’hui plus remis en cause : il n’y aurait ni sens ni finalité mais hasard et contingence (Pascal Picq). Le hasard sous-entend ici la rencontre de phénomènes déterministes indépendants les uns des autres (la sélection naturelle ne crée rien, elle sélectionne). L’homme aurait pu ne jamais apparaître !

Pour ces scientifiques athées, la croyance de Dieu n’est pas réfutable, car pour démontrer que Dieu n’existe pas, il faudrait déjà savoir qui il est.

Les scientifiques croyants (catholiques ou musulmans) trouvent au contraire dans la complexité et l’immensité de l’univers une raison de croire en une intervention divine (Bruno Guiderdoni, Anne Dambicourt-Malassé). La complexité croissante de l’univers, que l’on retrouve lors de la conception de l’être humain, serait donc mémorisée. La sélection naturelle seule n’expliquerait pas l’apparition simultanée de tant de changements (domaine du métaphysique ?).

Le Jésuite José Gabriel Funes pose cette question intéressante : est-ce l’explication scientifique ou le sens profond de ce que nous sommes qui importe le plus ? Pour lui, Dieu n’est pas un « super-génie » mais est indispensable pour comprendre l’être au sens métaphysique. Dieu s’est incarné et pour cela il a choisi l’humanité, choix intemporel et spatial définitif (ne nécessite donc pas de nouvelle réincarnation).

Au contraire, d’autres « scientifiques » pensent que la science et la religion sont indissociables. L’Eglise tout d’abord, qui souhaite se rapprocher de la science grâce à la fondation « le parvis des gentils » : l’institution souhaite promouvoir le débat d’idées avec des athées qui ne soient pas porteur de haines contre la religion.
Jean Staune s’est quant à lui donné pour mission « d’évangéliser la science » : selon lui, la foi doit apporter les réponses aucquelles la science ne répond pas. Le ton est donné !

La pensée d’André Comte Sponville résume particulièrement bien le débat d’idées en cours. Le Darwinisme s’est progressivement imposé, notre pensée est le fruit d’un organe matériel (le cerveau). Deux théories s’opposent : le big bang (avec un commencement) contre la mécanique quantique (le temps est infini). Le mystère qui entoure ce commencement appartient au domaine du métaphysique. Nous sommes au cœur de l’être, incapables d’expliquer son existence (un croyant pourra l’appeler « Dieu »).


Si la science vide le monde des superstitions, l’Eglise n’a quant à elle pas à prendre position (sur des questions scientifiques). D’après les scientifiques, l’univers qui se refroidit et est en expansion se dirige vers la mort thermique. Il est vrai que nous progressons dans la complexité, mais qu’en restera-t-il quand le soleil sera éteint ?

Pour un chercheur, ou tout simplement quelqu’un qui souhaite donner un sens à sa vie, la religion apporte des réponses claires et rassurantes, puisqu’elle comble les vides.

La question de Leibnitz n’en devient que plus pertinente : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien, au commencement de notre histoire ?

De façon assez paradoxale, n’est-ce pas la métaphysique de la science qui inciterait à la spiritualité ? Libre à chacun d’accepter ce mystère à sa façon…

8 août 2010

L'homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle

Voici un livre de développement personnel déguisé en roman :


Le livre de Laurent Gounelle, L'homme qui voulait être heureux, est une véritable incitation au bonheur et à la vie simple. Nous sommes à fond dans le dernier courant à la mode de la psychologie, qui nous révèle que quand on veut vraiment, et qu'on croit vraiment, rien n'est impossible !

J'ai adoré lire ce livre où je me suis totalement immiscé dans la réflexion du personnage principal... Une phrase qui résumerait bien le roman serait :  “Quand on est convaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité”.

Cette vision positive de l'humain et du monde qui nous entoure pourrait être qualifiée de bon sens... mais une bonne piqûre de rappel ne fait pas de mal, au contraire !

Réflexions d'un étudiant plein d'illusions :)

Après 3 années d'école de commerce, pendant lesquelles j'ai découvert l'organisation du monde (économique) qui nous entoure, voici venu le moment de faire une synthèse de cette réflexion (que je souhaite évidemment continuer).

C'est en confrontant les valeurs humanistes que l'on m'a transmises avec celles du capitalisme que j'ai réalisé tout le chemin qu'il restait à faire vers un monde plus juste. Je souhaite, par ce blog, partager la réflexion que je mène sur ces rêves de changement grâce aux différentes lectures & rencontres quotidiennes.

Puissent ces rêves devenir un jour réalité !

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